Affirmer que le « quoi qu’il en coûte » appartient déjà au passé serait une erreur. À Bercy, la sortie de crise s’envisage comme une transition, non un brusque virage. L’idée ? Soutenir l’ensemble des entreprises, quels que soient leur secteur ou leur taille, toutes marquées par la tempête sanitaire depuis 2020.
Les différentes solutions entreprises pour une sortie probable de crise
100 milliards d’euros pour relancer l’économie. Est-ce suffisant pour tenir tête à la plus grande secousse économique traversée par la France depuis la Seconde Guerre mondiale ? Les réponses ne se limitent pas à l’argent : il s’agit aussi d’actes, rapides, concrets, pour permettre au pays de rebondir.
En 2020, la France a encaissé une récession d’une ampleur oubliée : selon l’INSEE, le PIB a plongé de 8,3 %. Pourtant, ce recul reste moins brutal que la chute de 9 % redoutée. Pourquoi ? Parce que le deuxième confinement a mieux préservé l’activité : la baisse n’excède pas 5 % au dernier trimestre comparé à 2019. Derrière ces chiffres, un fait : l’économie française a mieux résisté qu’attendu.
Cette capacité de résilience n’est pas passée inaperçue. Le gouvernement, lucide, a écarté l’hypothèse d’un troisième confinement, convaincu que la facture sociale serait autrement plus lourde : le chômage aurait bondi, l’activité aurait dévissé de 10 à 18 % selon Bercy. Ce plan d’action vise donc à accélérer la croissance dès 2021, avec un objectif : retrouver en 2022 le niveau d’activité d’avant-crise. Et plus loin encore, poser les jalons de la France de 2030.
Le plan de sortie de crise présenté par Bercy pour les entreprises
Bercy déroule sa feuille de route en trois temps : détecter, orienter, accompagner. Ce triptyque structure l’accompagnement des entreprises et organise la transition hors des aides d’urgence. Dans les faits, l’État vise à soutenir en priorité celles qui doivent affronter la fin des mesures exceptionnelles, le remboursement des dettes ou des difficultés de trésorerie. L’objectif est clair : leur permettre de retrouver de la stabilité, sans laisser sur le bord de la route les situations les plus fragiles.
Les dispositifs d’aide : pour les plus petites des entreprises
Une inquiétude monte chez les professionnels : la bascule vers l’après-crise pourrait être brutale, en particulier pour les plus petites structures. À en croire la Confédération des petites et moyennes entreprises, entre 10 000 et 20 000 PME risquent de vaciller dans les prochains mois, soit 5 à 10 % des sociétés concernées.
Pour répondre à cette menace, l’État propose un éventail d’aides repensées, plus lisibles, plus accessibles. Ces mesures sont conçues pour coller aux besoins réels et offrir aux entreprises l’opportunité de repartir, sans multiplier les obstacles administratifs. Dans les faits, ces dispositifs apportent des soutiens financiers là où la situation l’exige, avec l’ambition de limiter les faillites en chaîne.
Mais l’incertitude demeure : selon France Stratégie, il reste difficile de mesurer précisément la santé financière des entreprises. Tant que les chiffres officiels ne révèlent pas toute la réalité du terrain, la vigilance s’impose. La route de la reprise, elle, se construit pas à pas, au rythme de chaque décision publique et de chaque résistance privée.


