Un chiffre. Pas une fable, ni un souvenir d’enfance. Juste un montant, qui fait basculer le quotidien d’un propriétaire lambda du côté des exonérés ou des redevables. À partir d’un certain seuil fixé par l’administration, la taxe foncière s’efface, mais seulement pour ceux qui remplissent toutes les cases. À 75 ans, la règle change : si votre revenu fiscal de référence reste sage et que vous vivez dans ce logement en résidence principale, la facture peut s’évanouir. Le même privilège s’applique à ceux qui touchent l’allocation de solidarité aux personnes âgées, bien que la ligne de partage des revenus ne soit pas exactement la même.
Ce seuil, mouvant d’une année à l’autre, dépend aussi de la composition de votre foyer fiscal. Certains restent exonérés même après un bouleversement dans leur situation, sous réserve de respecter des conditions strictes. Résultat : des écarts surprenants entre propriétaires du même âge, simplement parce que leur contexte fiscal a évolué différemment.
Le revenu fiscal de référence au cœur des exonérations de taxe foncière
Impossible de s’en remettre au hasard : la taxe foncière obéit à une suite de règles implacables. L’exonération est réservée uniquement à ceux dont le revenu fiscal de référence reste sous la limite fixée par les impôts, ce montant, calculé chaque année à partir de la déclaration de revenus, fait toute la différence. C’est la seule clé d’entrée vers l’exonération ou le dégrèvement.
Chaque année, ce seuil fluctue, influencé par la taille du foyer et l’emplacement du bien. L’administration ajuste les plafonds en fonction de l’inflation ou de nouvelles mesures. Sur votre avis d’impôt, ce chiffre s’impose, bien visible, pour décider si une remise est accordée.
Voici les situations récurrentes où ce revenu fiscal de référence fait toute la différence :
- Exonération possible pour les personnes âgées ou en situation de handicap, uniquement si le revenu reste en dessous du plafond annuel
- Plafonnement de la taxe foncière à 50 % des ressources du foyer pour ceux qui dépassent de peu la limite et remplissent certains critères
Ne pas confondre : ici, la valeur locative du bien n’intervient pas. Seul le revenu fiscal de référence entre en ligne de compte. Même si la vérification est le plus souvent automatisée, il n’est pas rare qu’une démarche ou un courrier soit nécessaire pour ajuster la situation.
L’administration s’appuie sur ce qui est noté dans la section “références” de votre avis d’impôt. Parfois, un simple dépassement du plafond fait basculer vers la perte de l’exonération. D’où l’intérêt de bien vérifier chaque année ce montant avant toute surprise.
Êtes-vous concerné par une exonération selon votre âge ou votre situation ?
En France, tous les propriétaires ne bénéficient pas du même traitement face à la taxe foncière. La loi prévoit pourtant des allégements ciblés. L’âge arrive en tête des critères : ceux qui ont fêté leurs 75 ans au 1er janvier de l’année d’imposition peuvent, sous réserve que leur revenu fiscal de référence reste contenu, bénéficier d’une exonération totale sur la résidence principale.
Autre profil considéré : les personnes handicapées. Les bénéficiaires de l’AAH ou de l’Aspa peuvent eux aussi en bénéficier, si leur niveau de ressources reste dans les clous du plafond officiel.
Attention, l’exonération concerne uniquement la résidence principale. N’espérez pas l’appliquer à une résidence secondaire ou mise en location. Et la démarche n’est pas systématiquement automatique : un contact avec le centre des impôts reste souvent incontournable, de même que la fourniture des pièces justificatives requises (attestation de pension ou d’allocation, justificatif d’âge…)
Pour vous y retrouver, voici les principales situations ouvrant droit à l’exonération :
- Âge : avoir atteint 75 ans au 1er janvier de l’année en question
- Situation de handicap : percevoir l’AAH, l’Aspa ou une pension d’invalidité
- Ressources : le revenu fiscal de référence ne doit jamais dépasser le plafond réglementaire
Après 65 ans, un dégrèvement partiel existe également, accordant une réduction de 100 € sur la taxe foncière, là encore, revenus et composition du foyer restent décisifs. Le bon réflexe : scruter les chiffres de votre dernier avis d’impôt, car les plafonds bougent chaque année. Se renseigner auprès de l’administration reste incontournable si vous souhaitez une information à jour.
Quels sont les plafonds de revenus à ne pas dépasser pour bénéficier de l’exonération ?
Le seuil de revenus arbitre l’accès ou non à l’exonération de la taxe foncière. L’administration base son calcul sur votre revenu fiscal de référence, tel qu’il apparaît sur l’avis d’impôt de l’année précédente. Pour 2024, le plafond se fixe à 12 455 € pour une première part, puis s’élève de 3 330 € par demi-part additionnelle. Ce montant englobe toutes les personnes du foyer, pas juste le propriétaire.
Pour vous aider à vous situer, voici les plafonds pour 2024, selon votre composition familiale :
- 1 part : 12 455 €
- 1,5 part : 15 785 €
- 2 parts : 19 115 €
L’administration prend en compte l’ensemble des ressources du foyer, y compris toute entrée d’argent exceptionnelle. Le chiffre clé, c’est celui inscrit dans la case « revenu fiscal de référence » : il sert de base pour valider ou non la demande d’exonération ou de dégrèvement.
Un dispositif de plafonnement existe aussi : pour ceux qui dépassent légèrement le seuil, la taxe foncière peut être limitée à la moitié des revenus du foyer, sous conditions précises. On s’adresse là aux ménages proches de la limite, avec une méthode de calcul bien encadrée.
Les règles ne sont jamais figées. Pour savoir quel plafond s’applique à votre situation, vérifiez chaque année votre avis d’impôt ou prenez contact avec le centre des finances publiques. La mauvaise surprise peut ainsi être évitée.
Vérifier son éligibilité et entreprendre les démarches en toute sérénité
Avant de lancer toute demande, reprenez votre avis d’impôt et repérez le montant du revenu fiscal de référence, ainsi que les membres déclarés du foyer. Cette donnée conditionne toute exonération, que ce soit à titre partiel ou total. Veillez aussi à ne négliger aucun revenu, y compris ceux qui n’arrivent pas tous les mois.
Pour vos démarches, le centre des impôts est le point d’entrée naturel. Les agents peuvent simuler le montant potentiel, valider votre éligibilité à une exonération, un dégrèvement, ou à un plafonnement. Avec un dossier complet (justificatif d’âge, de situation de handicap, montant des revenus), la demande est formalisée en quelques instants par courrier ou sur place.
Si vous avez construit un logement ou engagé des travaux pour économiser l’énergie, le code des impôts prévoit aussi une exonération temporaire. Il vous suffit de déclarer la fin des travaux dans les 90 jours. Détail à noter : la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, elle, peut vous être réclamée même en cas d’exonération sur la taxe foncière.
Pour rester à jour sur les plafonds et dispositifs applicables, surveillez les chiffres officiels disponibles ou contactez votre centre des finances. Selon votre cas, la demande peut se faire sur place, en ligne ou par courrier : il suffit parfois d’une déclaration pour ne plus payer que le strict nécessaire.
Un regard attentif sur ce montant, d’année en année, évite bien des surprises. Pour beaucoup, un simple chiffre sur l’avis d’impôt fait la bascule. Faites tourner la roulette, et surveillez la case qui changera tout.


